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Elle n’est pas un déversoir. Elle n’est pas le cimetière des machines obsolètes, des technologies déclassées, des vaccins périmés, ni des idées dépassées.
Et pourtant, depuis des décennies, on y envoie tout ce qu’on ne veut plus ailleurs :
• des pesticides interdits,
• des médicaments douteux,
• des conteneurs d’ordures étiquetés “don humanitaire”,
• des véhicules hors normes,
• des téléphones usagés devenus déchets numériques,
• des promesses de transition énergétique avec des batteries de seconde main.
Quand l’environnement devient géopolitique
On ne peut pas parler de justice climatique, de transition énergétique ou de pacte vert, pendant qu’on transforme le continent africain en dépotoir légal et illégal.
Les ports africains croulent sous les conteneurs “don de seconde main”. Le marché de l’électronique est devenu le dernier refuge des équipements grillés des pays du Nord. Même nos campagnes reçoivent les restes des épandages chimiques refusés ailleurs.
Et tout cela est souvent fait avec l’accord tacite ou complice de nos propres dirigeants.
Refusons la complicité des élites locales
Nous ne pouvons plus continuer à tolérer que des gouvernements ferment les yeux pendant que :
• des tonnes de déchets plastiques sont enfouies dans nos sols,
• des bateaux usés accostent sur nos côtes,
• des aliments traités aux substances interdites circulent sur nos marchés,
• des firmes étrangères nous imposent des infrastructures non recyclables.
Ce que je propose
1. Renégociation immédiate des accords commerciaux et sanitaires qui permettent l’importation de produits non conformes.
2. Création d’une Autorité africaine indépendante de contrôle environnemental, avec pouvoir de blocage à l’entrée des ports et aéroports.
3. Responsabilisation des ministres et directeurs techniques qui signent ces autorisations ou les tolèrent.
4. Investissements massifs dans le recyclage local, avec transfert de technologie obligatoire.
5. Interdiction stricte des dons empoisonnés, qu’ils soient industriels, pharmaceutiques ou alimentaires.
Dignité, pas pitié
Nous n’avons pas besoin de pitié, mais de respect.
Nous ne demandons pas l’aumône, mais l’équité.
L’Afrique n’a pas vocation à accueillir les restes du monde.
Nous devons dire STOP.
Nous devons refuser, dénoncer, bloquer. Pas demain. Aujourd’hui.
Parce qu’un continent qui accepte tout est un continent qui s’efface.
Et nous, nous avons choisi d’exister.
