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« L’injustice de la Justice est pire que la justice de l’injustice. Notre système judiciaire mérite une profonde révision dans le sens d’une amélioration. Il faut pour cela rappeler la philosophie pénale : la liberté est le principe, l’arrestation l’exception.
Or, depuis quelque temps, la garde-à-vue est devenue systématique et les chefs d’accusation un fourre-tout. Notre système judiciaire repose sur la procédure accusatoire et non sur celle inquisitoire. On n’arrête pas une personne sur la base de présomption, de perception et de suppositions. La prison est la conséquence d’un procès équitable et non du bon vouloir du procureur. Le Code pénal et le code de procédure pénale ne le prévoient nullement. A force de persévérer dans cette direction, on œuvre pour promouvoir la justice politique. Or, pour Robert Badinter, « c’est une mauvaise politique et la pire des justices ». Il est donc opportun d’appliquer strictement les textes en dehors des humeurs des acteurs politiques et des agents judiciaires.
La réforme doit essentiellement porter sur les longues gardes-à-vue et les retours de parquet. Ce dernier est une épine dans le pied de la dame justice. Ce régime est totalement étranger à notre système pénal. C’est pourquoi, au commissariat central où les accusés sont retournés par le parquet, les policiers comme les avocats sont totalement largués. Aucune prérogative n’est définie et c’est un imbroglio total.
Or, chaque personne emprisonnée a trois droits fondamentaux : un verdict qui le sanctionne après un procès régulier ; l’infraction commise sur la base d’une loi qui l’interdit et le temps qu’il va séjourner en milieu carcéral.
Pour rappel, si l’être humain est sacré c’est parce qu’il est né libre et pour être libre dans l’égalité dans l’espace public ».
Mounirou SY, MAÎTRE DE CONFÉRENCES en droit public, Université Iba Der THIAM de Thiès
