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J’avais décidé de ne plus écrire et de tout accoucher dans mon livre en finition mais je me suis dit,que me taire, serait de la lâcheté. C’est pourquoi je trempe encore ma plume par devoir,et pour la République.
Je suis pour une justice juste, équitable, lucide.
Mais je ne veux pas que le désir de vengeance replonge notre pays dans des tourments aux conséquences incalculables.
Ceux qui nous gouvernent aujourd’hui malgré les souffrances qu’ils ont vécues, malgré les pertes en vies humaines – ont négocié avec le Président Macky Sall à une période critique.
Ils ont préservé leurs propres intérêts, et dans une moindre mesure, celui du pays.
Car la vérité est là :
• Le Conseil constitutionnel s’était opposé au report des élections,
• L’administration sénégalaise était prête à organiser le scrutin,
• Et les principaux candidats étaient déjà désignés.
Ils ne pouvaient donc, objectivement, empêcher la tenue de l’élection.
Et pourtant, ils se sont retrouvés au Cap Manuel, non pas pour sauver la République, mais pour gérer des intérêts particuliers.
Cela se saura. Et le temps viendra de dire toute la vérité sur cette période trouble.
L’amnistie ne suffit pas
La loi d’amnistie a été votée.
Elle a effacé certains faits.
Des victimes ont été indemnisées.
C’est une avancée. Mais ce n’est pas suffisant.
Car ce que la loi n’efface pas, ce sont les actes de torture pernicieuse.
Et parmi eux :
• Les paquetages humiliants,
• Les garde-à-vue prolongées sans fondement,
• Les détentions sans jugement, contraires à l’esprit même de notre Constitution.
Aucun article de notre Loi fondamentale n’autorise cela.
Et aucun juriste honnête, aucun professeur de droit ne peut affirmer le contraire.
Des hommes sont encore détenus sans jugement, dans un silence complice.
Témoignages, preuves, mémoire vive
Ceux qui ont subi ces traitements sont là.
Ils ont identifié leurs bourreaux.
Ils ont des preuves.
Les caméras existent.
Les avocats qui leur rendaient visite sont vivants.
Des agents du milieu carcéral, par conscience professionnelle, accepteront de témoigner.
Faut-il pour autant ouvrir des procédures à haut risque, aux conséquences incertaines, qui pourraient à nouveau plonger notre Nation dans la tourmente ?
Je ne le crois pas.
Le Sénégal a besoin d’apaisement.
Les citoyens honnêtes sont fatigués.
Ils regardent, impuissants, un pays se déchirer, se haïr, cultiver une rancœur toxique.
Un mandat de cinq ans, pas un jour de plus
Le Président Diomaye Faye a prêté serment devant le Conseil constitutionnel.
Il a reçu l’onction du peuple.
Le Président Macky Sall est parti.
C’est l’ordre de Dieu, validé par les urnes.
Maintenant, servons la République.
Vous avez un mandat de cinq ans, qui prend fin en 2029. Pas un jour de plus.
Je suis assis sur la Constitution, rien d’autre.
L’avenir post-2029 appartient au peuple et aux institutions.
Soyez des serviteurs dignes de la République.
D’autres vous ont précédés.
Ils ont écrit leurs pages, bâti des infrastructures, laissé un pays debout.
Gouvernez dans la lucidité, non dans l’euphorie
Ouvrez les yeux.
Évitez les courtisans.
Gouvernez avec sérénité.
La situation est sérieuse.
Ce folklore qui vous entoure applaudissements, bains de foule, visites à Touba et ailleurs ne doit pas vous tromper.
Les autorités religieuses ne vivent pas de la République.
L’investissement mouride est autonome.
Et ces guides ne votent pas.
Ils ne donnent plus de mots d’ordre électoraux, par respect pour leurs talibés, qui savent désormais distinguer le spirituel du temporel.
Le peuple attend du concret
Le plan de redressement que vous avez présenté a besoin d’une adhésion populaire, pas seulement d’un soutien partisan.
Les militants de PASTEF vivront les conséquences économiques comme tous les Sénégalais.
Le malaise est national. N’en rajoutez pas.
Faites-nous rêver.
Comme John F. Kennedy qui, en pleine guerre froide, a proposé à l’Amérique la Lune.
Vous avez le pouvoir.
Notre véritable adversaire, c’est l’économie.
Pardonnez, relevez, redressez
Vous avez le droit de ne pas oublier.
Mais le combat est ailleurs.
D’autres nations nous devancent.
Les dangers nous guettent.
Je vous parle en Républicain Libre.
Celui qui, toujours, a su veiller sur sa stature au sein de la République.
Celui qui la sert, sans bruit ni compromission.
Un homme de paix.
Un homme de vérité.
Un homme qui ne cherche pas à plaire, et qui se soucie peu des pressions de groupes ou d’opinions.
The game is over.”
Il est temps de gouverner. Pas de régler des comptes.
L’Histoire vous regarde. L’Afrique aussi.
