En ma qualité de Président de commission à l’Assemblée nationale et de républicain libre, j’exprime ma solidarité pleine, entière et sans ambiguïté avec les anciens Présidents de groupes parlementaires et avec le Président Doudou Wade, acteur majeur de la vie institutionnelle avec qui j’ai travaillé et partagé, durant de longues années, une même exigence de respect des institutions et de débat républicain.
Je considère inacceptable que l’on extrapole, déforme ou instrumentalise des propos politiques pour en faire des outils de poursuite. La liberté d’expression n’est ni une concession ni une tolérance du pouvoir : elle est un pilier constitutionnel. Criminaliser la parole critique, c’est affaiblir le pluralisme démocratique et déplacer le vrai débat.
Le Sénégal est une République du débat, une société d’expressions plurielles où l’on doit apprendre à débattre sans se battre. À l’heure où les Sénégalais attendent des réponses claires aux défis économiques, sociaux et institutionnels, se réfugier dans la judiciarisation de la parole critique relève d’une impasse politique.
Comme le rappelait Aimé Césaire :
« Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. »
Les autorités doivent se souvenir que le pouvoir est un mandat, non une propriété. Accepter la critique n’est pas une faiblesse : c’est une obligation démocratique.
J’en appelle solennellement à la retenue, au sens de l’État et à un changement de posture, pendant qu’il est encore temps.
Thierno Lo
Président de commission à l’Assemblée nationale
Républicain libre
